Je parlais avec un ami qui m’expliquait des théories de synchronicité des découvertes scientifiques, d’evolution intangible de l’humanité (hors inné et acquis classiques, mais plutôt mystique) et d’infini de la matière microscopique (l’atome est sécable, dont les parties sont sécables, ce infiniment).
Même si certaines théories me semblent plausibles, j’ai mentionné que parfois la théorie va trop loin sans avoir de preuves tangibles pour continuer sereinement à accumuler d’autres hypothèses sur notre univers.
Et il me semble même dangereux de s’enfoncer dans de la théorie sur de la théorie…tel un château de cartes, il suffit qu’une carte du bas tombe pour que le château s’écroule. La probabilité d’existence d’une théorie basée sur une théorie est multiplicative de chiffres inférieurs à 1…donc sera toujours inférieure à la probabilité de la théorie la moins probable.
Un autre aspect notable dont je lui parlais est que nous sommes seulement humains.
Profondément limité et biaisé dans notre conception du monde. Comme le singe peut avoir des raisonnements simples mathématiques, il peut imaginer des théories aussi poussées que son esprit le permet, il lui faut sortir de son conditionnement physique pour atteindre une capacité d’imagination et de test de cet imagination comparable à l’être humain.
Nous ne sommes qu’un être extrêmement imparfait, et très animal. Nous sommes les premiers à être Sapiens (en tout cas connus) Mais certainement pas les êtres ultimes cognitivement parlant.
Nous sortons à peine du primate…soyons humbles dans toutes nos théories qui « expliquent » des choses qui sont hors de portée, de notre condition actuelle.
La méta-physique peut et doit être étudiée, mais il faut aussi se raccrocher sur une base logique et ne pas partir trop loin dans le « basé sur de l’inexplicable ou le non-prouvable« .
Par exemple: la théorie que nous ayons bien plus de chances de vivre dans une simulation que dans un monde « original » est une théorie métaphysique qui est basée sur une logique simple et probabiliste. En accordance avec le rasoir d’Occam.
A l’inverse, une théorie métaphysique d’une connexion entre être humains, transcendantale, permettant d’expliquer la « découverte scientifique simultanée », se base d’abord sur du flou : simultané a quel point ? 2h, 2j, 2ans, 2 siècles, peuvent être considérés comme simultanés alors qu’ils ne le sont jamais vraiment.
On peut s’accorder sur une variabilité acceptable du simultané, inversement proportionnelle à la « distance » entre deux sociétés humaines (géographique, culturelle, linguistique, morale etc…) mais
Quoi qu’il en soit, le flou est de mise, ce qui n’est pas un bon départ pour réfléchir à une explication méta-physique. Le rasoir d’Occam le déconseille d’ailleurs.
Ensuite, le château de cartes s’étoffe : biais de confirmation par ci, corrélation plutôt que causation par là…on saupoudre d’autres biais et d’un peu d’égo et on obtient une belle théorie aux pieds d’argile…qui ne permet pas d’avancer sur grand chose, si ce n’est se rassurer qu’il y a autre chose que la matérialité (ouf on est pas que poussière).
Je ne dis pas que cette théorie est fausse. Je dis simplement que la probabilité qu’elle soit vraie…a besoin d’être augmentée avant de pouvoir continuer à creuser dans ce sens.
Pour finir, faisons attention à nos théories et à quel point elles influencent notre vision du monde et notre réflexion. Le biais des coûts irrécupérables et la dissonance cognitive sont extrêmement dangereuses, et précipitent beaucoup d’Hommes intelligents dans une nouvelle caverne platonicienne, peut être plus haute que les autres, mais une caverne tout de même.
Mais si le philosophe est heureux dans sa caverne. Devons-nous l’aider à l’en sortir ?