« Une espèce de franchise a toujours manqué à tous les fondateurs de religion et à ceux qui leur ressemblent : — ils n’ont jamais fait des événements de leur vie une question de conscience pour la connaissance. « Que m’est-il arrivé, en somme ? Que se passa-t-il alors en moi et autour de moi ? Ma raison fut-elle assez claire ? Ma volonté était-elle armée contre toutes les duperies des sens et brave dans sa résistance contre les duperies de l’imagination ? »

Aucun d’eux ne s’est posé cette question et tous nos bons religieux ne se la posent pas non plus aujourd’hui : ils ont par contre une soif des choses qui sont contre la raison et ne veulent pas avoir trop de peine à la satisfaire, — c’est ainsi qu’il leur arrive des miracles et des « régénérescences », c’est ainsi qu’ils entendent la voix des anges !


Mais nous, nous autres qui avons soif de la raison, nous voulons examiner les événements de notre vie aussi sévèrement que s’ils étaient des expériences scientifiques, heure par heure, jour pour jour ! Nous-mêmes nous voulons être nos sujets d’essais et d’expériences. »


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