Je méditais, un peu plus tôt. Entre les pensées que j’arrive à ne pas saisir — hontes, remords, regrets, plaisirs — j’ai pensé à mon projet de méditer dans la rue, en public.
Le Bouddha, selon la légende, a médité 49 jours sous un arbre. J’ai souvent pensé que j’aimerais tenter quelque chose d’approchant. Je ne connais pas le record de temps en méditation. J’en ai peut-être peur.
Et puis cette question : « Si je médite en public, que dois-je dire ? » Une réponse possible, c’est rien. Juste s’asseoir, en silence, et laisser les gens passer. Mais je trouve ça dommage. Méditer en public, c’est déjà une invitation — une façon d’encourager la pratique. Et si en plus ça ouvre un échange, une aide mutuelle, alors c’est encore mieux.
Ce que j’aimerais partager, c’est justement ça : une demande d’aide. Comment m’aider ? Qui peut m’aider ? Et m’aider de quoi ?
De mes infortunes. Celles que j’ai subies, celles qui peuvent arriver à n’importe qui. Ce n’est pas parce que c’est dans les films que ça n’arrive que dans les films. C’est l’inverse : on voit ces choses au cinéma, alors on sait qu’elles sont possibles, et pourtant on continue de croire que ça n’arrive qu’aux autres.
Alors je prends mon courage à deux mains. Je raconte ici ce que j’ai vécu. Sans peindre d’une certaine couleur. Ce sera plus nuancé que dans les films : c’est la vraie vie.
Je ne suis ni tout blanc, ni tout noir. Je suis bipolaire (mon psychiatre m’a dit).
