Le bonheur et le moment présent


Note de contexte : Rémi Marenco 10/10/2024. Mes opinions peuvent changer, mon moi est non-subsantiel. Mais dans l’instant présent, c’est ce que je pense. Le séparateur plus bas vous permet d’accéder directement à l’essence de ce que j’aimerai transmettre dans cet article. Ce qu’il y a au milieu est mon karma, et c’est utile afin de comprendre l’importance du partage que je fais ici. Ce partage n’est pas celui d’un bébé qui croit tout savoir, plutôt d’un bébé qui apprend à marcher, comme vous, et qui pense avoir trouver la clé pour marcher avec un bonheur de tout instant.

Depuis quelques mois, je commence enfin à comprendre les pièces du puzzle que la vie essayait de me donner : le bonheur n’est pas dans un passé à regretter, ni dans un futur à anticiper mais il se situe maintenant, alors que j’écris ces lignes.

Mon médecin traitant a détecté ma dépression en 2016. Je l’ai ignorée pendant un an, poussant encore plus fort ma volonté, luttant contre mon corps-esprit, qui me disait que je faisais fausse route. Avec le recul, c’était un déni que je puisse souffrir de cette maladie que je voyais alors comme de la faiblesse.

Je ne peux pas en souffrir, moi !

Je suis fort, je ne me laisserai pas abattre.

Début 2017, alors que je commençais un nouveau travail exigeant au Broad Institute of MIT and Harvard, et que ma dépression ne guérissait pas magiquement,

J’ai pris le taureau par les cornes et j’ai consulté.

Après plus de 15 médicaments différents qui ont tous des effets secondaires, parfois dramatiques, et une thérapeute que je voyais toutes les deux semaines, pendant des années…mon état empirait, doucement mais sûrement.

2018 – 2019 : J’ai dû prendre 2/3 mois pour me reposer, car j’étais exténué. Mais mon énergie d’habitude et mes injonctions me poussaient à continuer à remplir mes journées de travail, de cours du soir à Harvard, de cours du soir a Showa Boston pour apprendre le Japonais, à me préparer et à faire un semi-iron man, à passer un certificat de « Canine Good Citizen » pour mon chien Islande, à l’amener au MIT les mercredis pour qu’elle puisse donner du support émotionnel aux autres, etc…etc…

J’ai même pris un boulot de livreur de colis, pour Amazon. Ce qui m’a montré la souffrance qu’inflige Amazon aux livreurs, par l’application « Amazon Flex », et que j’ai voulu adoucir avec mon application « Flexomatic », fin 2019, co-developpée avec Geoffrey Royer.

Pourtant, j’étais encore profondément dépressif, et fragile. Je luttais, chaque jour, contre ce corps et cet esprit qui étaient épuisés par ma volonté de toujours faire plus, pour chercher un bonheur…quelque part ? Personne ne semblait savoir où, mais beaucoup semblaient l’atteindre naturellement. La façade du « je vais bien tout va bien » et du « entourons nous de gens positifs » pousse les gens à être dans le pscittacisme, le perroquet : « ma vie est géniale ! Le weekend que j’ai passé était vraiment magnifique ».

On cache nos pensées négatives comme de la poussière sous un tapis : « ne surtout pas penser au négatif ! ».

Je trouvais ça hypocrite et surtout dangereux, car pour moi, l’esprit critique était/est essentiel pour garder le cap sur ce qui nous plaît, ce qui ne nous plaît pas, et trier entre les « bonnes raisons » et les « mauvaises raisons ».

Les membres d’une secte vous semblent-ils malheureux ?

C’est seulement après des années qu’ils réalisent dans quel pétrin ils étaient. Pourtant, dans l’instant, ils sont heureux ou en tout cas, ils savent faire comme on leur a montré : « je vais bien tout va bien, il n’y a pas de choses négatives autour de moi ».

La preuve avec ce couple, dans la secte de Raël qui est prêt à faire des choses qui apparaissent comme monstrueuses aujourd’hui (porter un enfant cloné) et qui est heureux sur tous les aspects :

Je pensais que le bout du tunnel se trouvait dans la perfection, même si je ne voyais pas ça comme perfection mais simplement comme l’accomplissement « attendu » d’un homme dans la génération qui est la mienne (fin des années 80) : carrière, argent, orientation pour l’allègement de la souffrance des autres, activités physiques pour prendre soin du corps, priorité à l’Ikigaï, suppression de ce qui est une perte de temps pour mon Ikigaï et…un peu de légèreté pour montrer qu’on est un bon vivant parce que les autres ne peuvent pas comprendre pas le chemin du soi.

Ce qui se mettait en travers de ce chemin vers le bout du tunnel était crispant, énervant…une tâche à enlever aussi rapidement que possible.

Quand le problème vient de soi et peut être réglé par soi, on lutte et on impose sa volonté à son corps et à son esprit. Ils se plaignent, mais personne ne les entend à part nous.

Quand le problème vient de l’extérieur, c’est là que les choses déraillent. Malgré mes cours de communication Non-Violente, et la délicatesse et la profondeur de la souffrance que je peux expliquer vivre, aux autres, ça ne semble pas percuter de l’autre côté.

Par exemple, lorsque mon père est décédé à 60 ans, en août 2020, d’un cancer long et douloureux, depuis 2007, j’ai expliqué à mon travail au Broad Institute que j’aimerai rester en France quelques mois de plus, le temps de faire le deuil et de pouvoir être avec ma famille.

La perte de son père est un événement traumatisant.

Qui change beaucoup de choses dans la vision du monde : La croyance en l’éternalisme s’efface. On se rend compte qu’on ne peut pas sauver les gens qu’on aime, malgré avoir dédié sa vie à essayer de le faire. On repense au passé, aux erreurs qu’on a commises.

On se demande pourquoi un tel dédain de la part de son père, alors qu’on vient de passer 6 mois à lui tenir la main chaque jour à l’hôpital. Qu’on a abandonné son projet de vivre au Japon, sur lequel on travaillait dur depuis des années, pour être avec lui sur sa fin de vie. Etc…

On se demande, et on trouve des réponses, bien sûr. Et elles sont dures à avaler, car il est parti avec cette construction de qui on n’était pas, mais qu’on a montré.

Cette vision extrêmement dure et à l’inverse totale de ce qu’on nous apprend à l’extérieur et qui nous dit : « Voit le positif et la chance que tu as ! » Ou « On ne peut pas avoir tout ce qu’on veut dans la vie », comme me disait souvent mon père.

Où était l’amour, la compassion et la sagesse ? Où est l’amour, la compassion et la sagesse, pour ses propres enfants ?

On fait avec, et on se prend un autre coup de poing dans la mâchoire. On est un homme, alors on ne pleure pas et on ne se plaint pas.

Mais…le monde continue de tourner. Et le broad institute veut que je revienne aux États-Unis.

Déjà en août 2020, ils me pressaient et je raconterais dans un autre article ce qu’ils m’ont fait faire et comment ils m’ont fait rater la mort de mon père. Bien sûr, c’est aussi ma faute, ça l’est toujours puisque nous prenons des décisions à chaque instant. Notre responsabilité peut toujours être de 100%, selon les points de vue.

Mon père décède fin août. Nous l’enverrons et je tiens au courant mon travail. Ils me demandent de revenir sous 30 jours.

Rappelons nous, nous sommes en plein COVID. Toutes les frontières ou presque sont fermées. Les institutions marchent à moitié voire pas du tout à cause de cette peur panique de la maladie.

J’explique la situation, et que ça ne me semble pas être le bon moment, que j’ai besoin de rester auprès de ma famille, dans mon pays, plutôt que d’aller m’enfermer chez moi toute la journée, aux États-Unis.

Malgré toute l’attention à montrer mon point de vue, expliquer que j’ai besoin de vivre ces moments de deuil en France, après avoir été 5 ans aux États-Unis, ainsi que ma thérapeute qui indique par lettre qu’effectivement je devrais rester en France, le Broad me menace de me virer si je ne rentre pas sous 30 jours.

Des lecteurs se diront certainement que « c’est normal » ou justifieront le comportement du Broad d’une façon ou d’une autre, selon sa propre expérience, soit des sacrifices qu’iel a fait, soit parce qu’il manque de compassion pour la douleur de l’instant. Et c’est normal, nous manquons tous de compassion, d’amour et de sagesse. Moi y compris, évidemment. Le plus même ! Dirais-je pour rassurer votre égo.

Mais le non-dualisme que j’apprends montre seulement qu’il y a des phénomènes et que nous réagissons à ces phénomènes…comme nous le pouvons, avec ce que nous avons appris. Il n’y a pas de bien ou de mal, seulement des points de vue plus ou moins élaborés pour expliquer les phénomènes.

Lyncher une femme parce qu’elle a commis l’adultère ? Tout à fait normal dans certaines cultures. Horreur monstrueuse pour d’autres.

Le non-dualisme. Chaque phénomène peut être expliqué d’une façon ou d’une autre, et chacun va accepter l’explication en fonction de sa culture, son expérience, et ses capacités cognitives.

Il me semble important de dire que je ne cautionne pas le lynchage, quel qu’il soit.

En tout cas, avec les capacités qu’à l’humanité à comprendre, aujourd’hui, que l’adultère est grave et ne devrait pas être accepté. Je développerai un article peut être sur pourquoi l’adultère est si grave, mais passons sur les détails.

Mais en 800, on fait avec les moyens du bord pour « persuader » que vraiment l’adultère n’est pas une bonne idée. Les choses s’expliquent par le contexte, puis se gardent par tradition, par attachement au passé. C’est difficile de remettre en question les choses que nos parents faisaient, parce qu’eux même ne comprenaient pas forcément pourquoi ils le faisaient.

2019 – 2022 : La vie continue. L’entreprise pour aider les livreurs de colis grossit, et grossit trop vite. En 2020, je m’inquiète car je ne sais pas gérer une entreprise qui doit faire face à une telle explosion de clients, de gestion de l’international, et de logistique internet pour faire fonctionner l’ensemble.

Je me rajoute du travail, et je postule pour un incubateur que l’on m’a recommandé : le Hub612.

Nous sommes acceptés mais mon ancien associé et ami, geoffrey royer, trouve toujours à redire sur l’un et sur l’autre, ça ne l’intéresse pas de se mêler à ces gens. Le Hub612 ne porte que peu d’intérêt à notre start-up qui est devenue une scale-up : pas de marché en France, international, et comme on nous a dit un jour « vous êtes les indiens du Hub ».

C’est vrai. J’ai 24h dans une journée, je suis quasiment seul à gérer la boîte alors je coupe dans ce qu’il y a de plus essentiel, ou ce qui me paraît être le plus essentiel. On ne passe pas de 1000€/mois en janvier 2020 a 30 000€/mois en décembre 2020 par la simple magie de la mise aux normes parfaites, le respect des traditions et le focus à l’image qu’on véhicule de joueur de ping-pong au sein du Hub.

Je bosse, jour et nuit, 24h sur 24, 7 jours sur 7 à faire au mieux pour mon entreprise, avec le peu de connaissances que j’ai du monde de l’entreprise et de ses métiers. Je suis ingénieur en développement logiciel, de formation. Je ne sors pas d’une école de commerce.

Pourtant, tout ceci m’affecte durement. Je m’épuise, je suis épuisé, j’étais épuisé depuis 2016.

Alors je sombre, et je me retrouve incapable de me lever de mon lit, vers mars 2021. L’idée même de prendre ma douche et de m’habiller me brûle intérieurement, comme si on me demandait de récurer des chiottes d’un bar, à 1h du matin alors que je viens de passer ma journée à courir éteindre des feux et chercher comment éviter qu’ils se rallument. J’espère que cette image vous permet d’imaginer ce que je pouvais ressentir, et ce qu’on ressent lorsqu’on est en dépression. Si ce n’est pas le cas, et comme m’a dit très justement un maître bouddhiste tibétain : « Continue tes efforts sur developper l’amour et la compassion ».

Juillet 2021, ma psychologue ne sait pas comment m’aider. Habitué à trouver les solutions par moi-même, je lui demande si être interné en clinique psychiatrique, privée, serait bénéfique. Elle me dit que oui, et je commence les procédures, en plus de tout ce que je dois déjà gérer.

Le premier mois à la clinique, je le passe au fond du lit, dans le noir. On m’apporte mon repas en chambre. Je ne prends ma douche qu’une fois tous les 2-3 jours. Le psychiatre passe une heure par jour avec moi, et doucement essaye de comprendre ce qu’il m’arrive, pourquoi je suis dans un tel état.

Au bout de trois mois, j’ai récupéré des forces, et je peux à nouveau exprimer ce que je fais de mieux : la colère et la frustration. Un jour où j’étais en colère, un autre patient vient me donner des leçons. Une altercation physique est proche mais rien ne se passe. Le lendemain la clinique me vire, sans ménagement ni suivi.

Étrangement, la suite de l’histoire ne s’améliore pas. Étonnant, n’est ce pas ?

Conflits, conflits et conflits, sont mon quotidien.

Avez-vous essayé d’avoir de la patience et de la compassion lorsque vous êtes épuisés ? Quel effort cela demande-t-il, surtout lorsqu’on vous fait du mal et que vous avez essayé de le communiquer ?

Juin 2022 : Je décide de me suicider, après une goutte d’eau qui fait déborder le vase. La police intervient à temps, je suis transféré dans un hôpital psychiatrique (non une clinique).

On me shoote pour 32h. J’ai du mal à me réveiller. On me laisse nu, sous une robe de chambre. J’attends.

L’attente est trop longue et mon esprit revient à la vie. Je demande à avoir mes habits, pour la décence humaine. On me les refuse.

Ma colère, si puissante, me donne l’énergie de trouver des solutions : j’élève ma robe de chambre et me promène en caleçon, criant et faisant littéralement le fou.

Une armée d’infirmiers prêts à en découdre face aux fous s’agglutinent alors que je me suis assis paisiblement sur une chaise. Avec colère, mais un peu moins, je leur lis le règlement sur la décence humaine affichée dans le couloir, et je demande mes habits.

Qu’ils me donnent.

Pourquoi faire apprendre à un être humain que la résolution vient par la violence et la colère ? La psychiatrie semble considérer les êtres qui viennent comme des sous-etres, malades à vie, ayant des problèmes que l’on ne peut pas vraiment soigner. Alors la communication et les besoins de ces êtres n’a probablement pas de valeur.

C’est ce qu’on nous montre constamment en hôpital et clinique psychiatrique : vous êtes une merde malade, le psychiatre, le psychologue et l’infirmier sont les sachants de la vie et de l’esprit. Ils ont tout compris, et ont fait des années d’études pour ça, alors eux savent mieux qui vous êtes, ce que vous ressentez et pourquoi, que vous.

Pourtant, les deux exemples que je viens de mentionner montrent bien qu’il y a un rouage qui ne fonctionne pas bien là dedans. Si ces personnes maîtrisent autant l’esprit et sa finesse, pourquoi ne savent-ils pas comprendre, anticiper et soigner les gens qui viennent. C’est leur métier après tout, et ils nous le font bien savoir.

Ce sont des humains, imparfaits. Soumis à leur propre biais cognitifs, et à leur propre combo culture, expérience, capacités cognitives. La courbe de Gauss.

Le problème, c’est qu’on joue avec la vie des gens ici. Et ma vie, ce qu’elle est devenue au lieu de ce qu’elle aurait pu être, si j’avais été soigné rapidement et efficacement, n’est pas que de ma responsabilité, comme on aime tant me le rappeler.

Tout le monde a sa part de responsabilité dans la déchéance de notre entourage. Tous. Surtout quand on croit mieux savoir que les autres et qu’on se permet de dire « peut être qu’il apprendra de ses erreurs (c’est pas gagné) » comme le disait Louis Geniaux, un stagiaire de notre entreprise, à mon ancien associé Geoffrey Royer.

Pour faire apprendre à quelqu’un on peut lui taper sur la gueule jusqu’à ce qu’il comprenne. Mais tant que la personne est confuse, épuisée, malade, insomniaque et à bout de nerfs, même si on accompagne les coups de messages bienveillants comme la femme de Geoffrey Royer a pu le faire avec ses citations de Rumi

Ne donnera rien, tant que l’esprit et le corps n’est pas dans un environnement sain, où ils peuvent se relâcher.

Un chien battu ne mord il pas la personne qui vient le sauver ? N’est il pas méfiant et agressif auprès de la main qui vient le caresser ?

Pourtant, on comprends facilement que le chien n’est pas méchant en soi. Il a simplement vécu, encore et encore, des choses qui l’ont rendu comme ça.

On peut bien sûr le blâmer de ne pas avoir su maintenir son esprit discipliné et adroit à voir la réalité. A voir que l’humain qui lui donne à manger n’est pas l’humain qui le frappait. Pourtant, rappelons nous que la réalité est beaucoup plus complexe que ça, surtout dans le monde des humains :

Il ne suffit pas de demander d’être compréhensif aux autres, surtout lorsqu’on est sous des émotions fortes. C’est même plutôt l’inverse, c’est la personne qui est en contrôle, ou pense l’être, qui devrait être capable de gérer le chien qui est apeuré, vous prévient qu’il a peur et risque de vous mordre si vous montrez des signes qui lui rappellent ses traumatismes. Même si c’est une main tendue vers une caresse. Surtout si c’est une main tendue vers une caresse.

On ne peut pas s’étonner de la réaction d’une personne en proie à des émotions fortes, surtout lorsqu’elle ne sait clairement pas gérer ses émotions, et que son esprit est plus fort que sa raison.

Les impressions écrans partagées de ma conversation avec Dicle Durmaz vont aussi être soumises à jugements, interprétations etc…

Rappelons nous que nous n’y etions pas. Nous n’avons pas vécu ce qui a amené à de tels mots.

La seule chose que l’on peut faire, si l’on arrive à voir correctement, c’est : que dit la personne dans le fond ? La forme est peut être maladroite, pourquoi ? La personne est-elle animée d’intentions malveillantes envers les autres ou exprime-t-elle un mal-être voire une incompréhension du comportement des autres ?

Critiquer la forme, et nier les agissements de son mari, n’est pas une discussion d’adulte. C’est une discussion d’un être humain aveugle « croyant-savoir » avec un être humain en mode animal apeuré.

Pourtant, c’est ce que nous faisons tous. Quand nous voyons Mélenchon en colère contre l’état de la France, de sa corruption et de son manque de solidarité, nous critiquons la forme : « mon Dieu, il est en colère, il me fait peur, on ne parle pas comme ça ! ».

Pourtant. Si votre enfant est sur le point de mourir, et que vous vous énervez parce que tout le monde vous dit « il faut que tu apprennes à gérer tes émotions. Souffle et respire. Soit calme, bienveillant et dans l’amour envers les autres. D’accord ? », sans soigner votre enfant…on conviendra qu’il est « attendu » que la personne soit dans un tel état. Pire, si la personne n’est pas dans cet état, elle sera critiquée par l’entourage qui « connait » la situation.

On pense vivre dans la sagesse, l’amour et la compassion, pourtant quand une situation ne correspond pas à notre schéma attendu, que tout le monde « devrait » suivre, on fait des leçons sur comment l’autre « devrait » etre selon notre point de vue, au lieu d’adresser les problèmes que la personne exprime, à sa façon, sur le moment.

Je continue le partage de mon propos principal ci-dessous, le reste de mon passé dévoilé viendra en temps et en heure.


Tout ça pour dire que le bonheur est en fait ici et maintenant. C’est dur à comprendre, c’est dur à intégrer, c’est dur à pratiquer.

Et voici une vidéo qui ne parle pas de bouddhisme, mais qui parle du « pouvoir du moment présent ». Par Eckart Tolle, une personne qui a « longtemps souffert de dépression, d’anxiété et de peur », étudiant à l’université de Londres de philosophie, de psychologie et de littérature, puis chercheur à l’université de Cambridge, ayant eu des compréhensions que l’important est le moment présent et notre capacité à pouvoir apprécier et vivre ce moment présent :

Ceux qui auront lu jusque là pourront peut-être apprécier le cadeau de cette compréhension. Mais c’est un chemin difficile, que je cherche depuis longtemps à travers la philosophie, et que j’ai trouvé à travers les enseignements du Bouddha.

La peur de la religion est puissante dans notre monde relativiste moral. Il est d’ailleurs plus simple de diriger des gens perdus, que des gens qui savent où aller.

La religion bouddhiste n’est pas exempte de défauts. Et les monastères ou discours qui poussent à voir « seulement » le bien, ou carrément vous disent de « laisser tomber le mental », sont malheureusement assez communs et font beaucoup de mal à ce que Bouddha nous a transmis…ou a essayé en tout cas.

Je réalise que certains penseront que je ne suis pas humble en disant ça. Pourtant, ils ne savent pas que c’est simplement l’expression de leur propre réflexion : si vous vous sentez rabaissé par ce que je dis ou si vous pensez que je me prends pour quelqu’un que je ne suis pas, alors vous pouvez travaillez sur la sagesse, l’amour et la compassion. Vous pouvez travailler sur comprendre pourquoi ces mots vous font vous sentir être rabaissé. Vous pouvez travailler sur pourquoi vous pensez me connaître suffisamment pour savoir que je ne peux pas écrire de tels mots.

De mon côté, vous pouvez être rassuré sur le fait que je travaille tous les jours, plusieurs heures par jour, à faire de même.

À prendre conscience de l’impact qu’ont mes mots, sur vous.

Le chemin que j’ai suivi pour en arriver là se découpe de cette façon :

  • Énième mention du bouddhisme tibétain par mon beau-père Christian Graci en juin 2024.
  • Peur de la religion diminuée depuis novembre 2023, notamment avec l’ouverture d’esprit que m’a apporté la molécule THC (à consommer avec vigilance et compréhension) et le développement incessant de la zététique et de mon esprit critique.
  • Juillet 2024 : Youtube me propose une vidéo de propagande islamiste, qu’un ami m’a aidé à décortiquer et une vidéo sur le Dhammapada, trésor d’enseignement bouddhiste Theravada (bouddhisme ancien, quasiment originel).
  • Je commence alors la méditation, plus ou moins correctement. La méditation est bien plus vaste et complexe que ce qu’on voit et entend dans notre monde orienté consommation et capitaliste.
  • Je lis des livres sur le bouddhisme, et me renseigne intensément, sur l’histoire de cette philosophie/culture/religion. J’y découvre qu’il n’y a pas qu’un seul bouddhisme, celui du Dalaï-lama, le tibétain, mais qu’il représente en fait seulement 6% du bouddhisme dans le monde.
  • Je découvre les quatre nobles vérités et le noble chemin octuple, qui éclairent le monde et ce que je vis, de mille feux.
  • Je découvre que le Dhammapada fait partie d’une des premières branches du bouddhisme, un bouddhisme ancien, qui contient des volumes et des volumes liés au Bouddha Shakyamuni.
  • Je découvre que le bouddhisme est une religion (au sens religare, unir les êtres) qui est une religion caméléon, elle se mêle aux croyances de l’époque, et a la mentalité des habitants. Par exemple, le bouddhisme tibétain est un mélange de religion mongole Bon et du bouddhisme originel indien.
  • Je découvre que les moines Shaolin sont des bouddhistes guerriers, développés par Bodhidharma, un indien qui a traversé le monde indien et chinois pour transmettre les enseignements du Bouddha. Ainsi né le bouddhisme Chan.
  • Je découvre Thich Nhat Hanh, son village des Pruniers et un de ses livres « Le coeur des enseignements du Bouddha », que je recommande fortement. Pas par divertissement, mais par urgence de ce qui est dit à l’intérieur.

Je comprends que le bonheur vient du contentement de ce que l’on a maintenant.

Et que ce contentement, si facile à dire et à penser pratiquer, est en fait une des choses les plus dures à maîtriser. Pourtant,

La clé du bonheur est là. Devant nos yeux, si simple à attraper et intellectuellement saisir. Mais impossible à intégrer sans une pratique assidue, régulière, journalière même, de cette compréhension.

La religion bouddhiste est celle qui me convient. Plutôt, l’enseignement du Bouddha sur le fait que la souffrance fait partie de la vie mais que c’est notre regard sur elle qui va nous mettre en enfer ou au paradis, me convient.

Je n’ai pas besoin de croire en une divinité qui va me sauver, un jour, de cette souffrance. Je n’ai pas besoin de croire en des gourous qui me disent de ne plus penser pour être heureux.

Je comprends, que ça puisse être le chemin pour certains, et si ils sont heureux et rendent les autres heureux aussi, en vivant dans la sagesse, l’amour et la compassion, alors tant mieux !

Mais pour moi, le bouddhisme, si on prend le temps de le décortiquer avec « vigueur et fermeté » apporte des réponses qui vont au-delà de ce qui est imaginable en termes de bonheur et d’harmonie pour les êtres vivants.

Le bouddhisme n’est pas une religion de peace and love, du punching-ball de service qui sera heureux de l’être. Elle peut, et même elle essaye de le développer en nous. Mais pas par « débilité », plutôt par sagesse, amour et compassion.

Le bouddhiste accepte vos trois poisons, avidité, haine et ignorance, avec sagesse, amour et compassion. Il les voit chez vous et accepte d’en porter le poids avec vous. On ne porte pas seulement notre croix, qui est déjà bien lourde, mais aussi la vôtre.

Attention aux faux bouddhistes et à ceux qui « vilipendent » le Dharma. Ceux-ci sont pires que les méchants ignorants le Dharma, car ils éloignent les êtres de la libération de tout cette souffrance qu’on s’inflige et inflige aux autres êtres. Le bouddhisme est magnifique, la voie du milieu est magnifique, si on arrive à voir avec nos yeux et entendre avec nos oreilles.

Puissé-je libérer tous les êtres de la souffrance.

Puissé-je éradiquer toutes les passions.

Puissé-je maîtriser tous les dharmas.

Puissé-je conduire tous les êtres à la bouddhéité.

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